CES - SCÉ 2019

L’histoire de notre thème: Ponts

Nous avons choisi Ponts pour thème du Congrès 2019. Cette thématique est tout à fait pertinente du point de vue géographique, car le port de Halifax est surplombé de deux ponts qui relient les deux rives de la ville. Dans la géographie générale des provinces maritimes, le Pont de la Confédération relie deux de ces provinces, tandis que la célèbre Chaussée de Canso rattache l’île du Cap-Breton à la portion continentale de la Nouvelle-Écosse. Bien sûr, la pertinence géographique n’est pas la seule source d’inspiration de notre thématique des ponts. Nous avons aussi retenu ce thème en raison de ses connotations plus larges avec le domaine de l’évaluation à l’échelon local, national et mondial. Notre objectif est que notre thème amène les congressistes à réfléchir à des moyens de donner à ce terme une certaine originalité et de faire du congrès un événement mémorable.

Sous-thème 1 : Jeter des ponts

Quand on cherche la définition du mot « pont », on trouve quelque chose comme un « ouvrage reliant deux points séparés par un obstacle ». Nous espérons que ce sous-thème suscitera des conversations sur les liens qui ont été établis, soutenus ou renforcés grâce aux théories et à la pratique de l’évaluation. Ce sera l’occasion d’échanger sur les ponts que nous avons construits et empruntés pour surmonter les obstacles aux activités d’évaluation.

De plus, ce sous-thème nous permet de considérer l’apport de l’évaluation lorsqu’il s’agit de lever les obstacles à la programmation. Les évaluateurs contribuent à jeter des ponts au-dessus des obstacles à la réussite des programmes, permettant ainsi à ceux-ci d’atteindre leur destination prévue avec efficience et efficacité. Mener une évaluation constitue un moyen d’améliorer la connectivité entre les parties prenantes; ce peut être l’occasion de renforcer les efforts de collaboration, de nouer de nouvelles relations ou de bonifier les relations existantes.

Sous-thème 2 : Consolider les ponts et les utiliser

Poursuivant sur l’idée du premier sous-thème, « consolider les ponts » est l’occasion d’explorer un autre rôle de l’évaluation : consolider les liens déjà établis. Parfois, s’il est relativement facile de rassembler des gens pour faire bouger les choses, il s’avère beaucoup plus difficile de maintenir les liens par la suite. Les ponts concrets s’érodent et s’effritent à force d’être exposés aux éléments, aux événements naturels et à l’usure; si un pont n’est pas utilisé aussi efficacement qu’il pourrait l’être, on finit par le délaisser; enfin, certains ponts deviennent inutiles quand de nouveaux moyens de franchir les obstacles sont mis en place.

Nous espérons que ce sous-thème suscitera des conversations sur la façon de construire des ponts qui soient durables, qui résistent aux intempéries et que l’on puisse adapter, au besoin, pour maintenir leur utilité. Nous invitons les congressistes à examiner les ponts qu’il faudrait entretenir ou renforcer, ainsi que ceux qui sont devenus inutiles parce que les raisons qui ont présidé à leur construction ne sont plus pertinentes.

Sous-thème 3 : Au-dessus du pont : récits de la passerelle

Dans un autre sens (qui a lui aussi une pertinence géographique pour les provinces maritimes), le « pont » d’un navire est surmonté d’une passerelle, la « superstructure la plus élevée qui abrite la timonerie et le poste de commandement ». Sur la passerelle, le ou la capitaine a une vue générale du navire et de son environnement, ainsi qu’un accès à un éventail d’instruments de navigation qui lui ouvrent une perspective enrichie pour l’aider à guider le navire, l’équipage, les passagers et la cargaison jusqu’à leur destination ultime. La fonction de capitaine consiste à interpréter l’information produite par les divers instruments et outils qui composent les systèmes opérationnels et de navigation du bâtiment, tout en tenant compte du vaste système où vogue le navire et des occupants de ce dernier. Le ou la capitaine doit prendre en considération le but du voyage, les capacités et les limites de l’équipage, la nature de la cargaison et des passagers, les ressources disponibles pour effectuer le trajet et le délai maximal pour atteindre la destination finale. La prise en compte de tous ces facteurs lui permet de prendre des décisions sur le vif et de corriger continuellement la trajectoire, afin de manœuvrer le navire d’une façon optimale à travers les écueils du trajet.

Cette analogie fait ressortir les concepts associés à l’évaluation des systèmes complexes. Nous voulons donc inciter les congressistes à parler de leurs expériences dans tous les aspects de ce sous-thème, qu’il s’agisse de fournir aux leaders les outils ou les données propres à éclairer leurs décisions, ou de relater des expériences qui démontrent la valeur du regard de l’évaluation pour les leaders dans un cadre complexe. Quand les évaluateurs sont invités à observer ensemble la vue de la passerelle, cette vaste perspective ne peut qu’enrichir leur réflexion et leur pratique. Il arrive cependant que l’évaluatrice ou l’évaluateur se retrouve tout seul sur la passerelle, en pleine nuit et en pleine tempête, à devoir recommander une façon de naviguer sur cette mer démontée, n’ayant pour se guider que sa propre expérience et la faible lueur d’un phare lointain. Les récits de la passerelle nous permettront de parler des leçons apprises et des innovations qui résultent de l’expérience du leadership évaluatif dans les systèmes complexes.

Nous espérons que vous nous rejoindrez sur le pont qui relie la théorie et la pratique au Congrès national 2019 de la SCÉ, un événement que les leaders et les membres de la SCÉ construisent, entretiennent et utilisent pour naviguer depuis 40 ans. Ici, nous consoliderons et améliorerons ce que nous avons construit et nous chercherons la lumière des phares à l’horizon pour mieux naviguer sur les mers inconnues.